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Culture/Carnet noir : la féministe Gisèle Halimi s’est éteinte à 93 ans

la féministe Gisèle Halimi s’est éteinte à 93 ans

La célèbre avocate, défenseuse des militants FLN pendant la guerre d’Algérie, militante pour la libéralisation de l’avortement et la criminalisation du viol est décédée au lendemain de ses 93 ans.

Gisèle Halimi, la Franco-tunisienne est avocate et une militante féministe anticoloniale. Cette grande femme de l’histoire africaine a passé une majeure partie de sa vie à lutter en faveur des opprimés, des exploités, des défavorisés etc. Le 28 juillet 2020, Gisèle Halimi a quitté ses compagnons de lutte pour une retraite éternelle. Que retenir de cette femme ?

A la découverte de Gisèle Halimi

Gisèle Halimi est née le 27 juillet 1927, dans le quartier populaire de La Goulette, près de Tunis. Issue de l’union d’Édouard Taieb et Fortunée Metoudi, elle a connu une enfance pas du tout agréable.

Engagée depuis son enfance, Gisèle Halimi sera souvent traitée d’insoumise. Déjà à 10 ans, elle fait une grève de la faim pour appuyer son droit à la lecture. La petite fille juive ne se pliait pas toujours facilement aux préceptes religieux et autres.

A 16 ans, après l’obtention de son baccalauréat au lycée Armand-Fallières de Tunis, elle refuse un mariage arrangé. Elle poursuivit ses études de droit en France. Elle va regagner sa terre natale et s’inscrire au barreau en 1949 pour devenir militante de l’indépendance de son pays.

En 1956, elle s’installe en France et épousant Paul Halimi, nom avec lequel elle s’est révélée comme Gisèle Halimi. Même si elle a plus tard épousé Claude Faux, le secrétaire de Jean-Paul Sartre, Gisèle a gardé son nom Halimi.

Gisèle Halimi, engagée dans les luttes anticoloniale anti-torture

Engagée sur plusieurs fronts, Gisèle Halimi a milité pour l’indépendance de son pays, la Tunisie, mais aussi pour celle de l’Algérie. Dès 1956, elle défend des militants du Mouvement national algérien condamnés sur des aveux reçus par tortures pratiquées par l’armée française.

En 1960, Gisèle s’engage dans une bataille aux côtés de la jeune algérienne de 22 ans, Djamila Boupacha, arrêtée, torturée et violée par des soldats français. Après jugement en 1961, elle est condamnée à mort avant d’être amnistiée et libérée en 1962 après les accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie.

En 1965, Gisèle Halimi a, avec Evelyne Sullerot, Colette Audry, fondé le mouvement démocratique féminin pour soutenir la candidature de François Mitterrand à la présidence de la République.

Considérée comme défenseur des causes nobles, elle fera comprendre à Robert Badinter un condescendant lors d’une plaidoirie que « Je ne me laisserai pas renvoyer à mes fourneaux par le professeur Badinter ».

Gisèle Halimi, la militante féministe

En 1971, aux côtés de Simone de Beauvoir, de Jean Rostand, Gisèle Halimi fonde le mouvement féministe pour défendre la cause des femmes et militer en faveur de la dépénalisation de l’avortement. En témoigne le procès de Bobigny de 1972 avec pour conséquence l’adoption de la loi Veil sera donc votée en décembre 1974 et promulguée en janvier 1975 en France.

En mai 1978, Gisèle Halimi à Aix-en-Provence représente deux jeunes femmes Belges devant les assises des Bouches-du-Rhône qui ont porté plainte contre trois hommes (qui ont violé les filles en 1974 alors qu’elles campaient dans une calanque).  Ce qui entraine l’adoption de la loi de 1980, qui reconnaît le viol comme un crime.

Il faut rappeler que Gisèle Halimi fut également une passionnée de l’écriture.

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