Sommet Afrique - France : la foudroyante intervention de la burkinabé Eldaa KOAMA

Sommet Afrique – France : la foudroyante intervention de la burkinabé Eldaa KOAMA

A Montpellier, le 28 ème sommet Afrique-France a réuni 3000 jeunes africains autour des échanges avec le président Français Emmanuel Macron. Ainsi, le 08 octobre, 11 jeunes sélectionnés parmi les 3000 ont débattu sur « les sujets qui fâchent sur la table » avec Macron.  

Nous avons recueilli l’intervention « sans filtre » de la Burkinabé Eldaa KOAMA pour vous :  

 « L’aide au développement tant qu’elle n’aide pas, tant qu’elle n’amène pas à se départir de l’aide comme le dit Thomas Sankara il faut s’en débarrasser. Ce type d’aide rend esclave, empêche les populations s’en sortir par elles-mêmes, le meilleur étant chacun d’entre nous »

« Joseph Ki-Zerbo l’intellectuel africain, certainement que vous le connaissez, vous lisez beaucoup n’est-ce pas Monsieur le président, il a dit : on ne se développe pas on développe.  Alors si on ne se développe pas, on ne peut pas non plus aider à développer. Ça fait près d’un siècle que l’aide au développement se balade en Afrique ça ne marche pas »

L’Afrique se développera par elle-même, par le potentiel local et celui de la diaspora, par l’interdépendance avec les autres nations de la planète mais surtout à travers des collaborations saines, je répète, saines, transparentes, constructive »

« il y a des têtes bien faites, il y a des investisseurs aussi en Afrique nous innovons déjà en Afrique et si ce n’est pas co-constructif dans cette relation qu’on imagine, on n’en veut pas, c’est tout. Finies les expressions ‘sauvons l’Afrique’ ‘aidons l’Afrique’ ‘il y a tellement de misérables là-bas’ c’est fini M. le Président. Alors si on doit vivre ensemble parce qu’il le faut à tout prix ce sera dans l’interdépendance je répète mais surtout dans le respect et la valorisation des uns et des autres »

Que chacun prenne ses responsabilités

« M. le Président vous avez voulu ce sommet différent vous nous avez appelé nous société civile tout en sachant bien que tout ce qu’on peut faire c’est dire ce qu’on pense. Vous êtes un président, vous pouvez prendre les décisions. Que chacun prenne donc ses responsabilités dans ce sommet »

« Proposer des actions concrètes …je pense que vous le savez-vous, l’AFD, l’agence française de développement fête bientôt ses 80 ans. C’est l’occasion de faire différemment : changez déjà le nom, changez le fonds, on veut des partenariats qui soient clairs, transparents.

On peut parler, on a notre mot à dire, on peut aussi agir et on peut mettre aussi de l’intellect et des ressources financières sur la table de discussion ».

« Je vais finir Monsieur le Président, et je vous propose de visualiser avec moi ceci : si la relation entre les pays d’Afrique et la France était une marmite, sachez qu’elle est très sale cette marmite.

Elle est sale de reconnaissance légère, elle est sale des exactions commises, elle est sale de compromissions, elle est sale de non transparence, elle est sale de vocabulaire dévalorisant. Elle est sale, monsieur le Président ! Je vous invite à la récurer par des actions concrètes.

Si vous refusez de la laver, si vous voulez quand même préparer là-dedans, je ne mangerai pas, nous ne mangerons pas, l’Afrique ne mangera plus. Le repas sera prêt vous serez le seul à table avec un appétit difficile. A bon entendeur salut ». 

Lire aussi : Sommet Afrique-France : les « pépites » ont fustigé Macron sur le colonialisme

Alors chers lecteurs que pensez-vous des propos de notre ambassadrice? Selon vous ce sommet aura-t-il de l’impact sur la relation Afrique-France ? laissez-nous vos avis en commentaire.