Actualités, Economie

TOGO/ Climat des Affaires: Comment se porte le monde des affaires en cette période de Covid-19 et que fait le gouvernement pour soulager ce secteur? Sandra Jonhson donne des précisions

Accompagner l'article

Entretien: Madame Sandra Johnson,
Dans une interview accordée à linterview.info , la Ministre Délégué, Coordonnateur de la Cellule Climat des Affaires au Togo donne des réponses sur la situation du Climat des Affaires au Togo.

Le Togo s’est résolument inscrit dans une dynamique de réformes visant à le positionner comme l’eldorado des investisseurs. Les multiples réformes audacieuses opérées ces dernières années, ont permis au pays de se positionner comme une référence dans le monde s’agissant de la facilité pour les entreprises de faire des affaires. Les bonnes performances du Togo dans le rapport Doing business de la Banque mondiale, qui en deux ans a fait une progression de 59 places avec 40 places au titre de 2019 soit, la plus forte progression dans le monde en deux ans, est l’exemple papable dont le pays peut s’enorguellir.

Depuis le 6 mars 2020, le Togo s’est enlisé dans une crise sanitaire qui met au ralenti cette dynamique du pays et frappe de plein fouet son économie. Comment se porte le monde des affaires en cette période de Covid-19 et que fait le gouvernement pour soulager ce secteur?

▪️linterview.info: Bonjour Madame

▪️Mme Sandra: Bonjour

▪️linterview.info: Comment se porte le climat des affaires au Togo depuis le début de la crise sanitaire ?

▪️Mme Sandra: L’environnement des affaires au Togo est en nette amélioration, en témoigne les récentes réformes opérées par notre pays ces derniers mois faisant objet d’une large diffusion et d’une communication permanente avec les professionnels des médias sur les contours ainsi que leurs avantages.
Cependant, le Togo, à l’instar d’autres pays du monde, connait la pandémie au Covid-19.
En réponse à cette pandémie sans précédent, le Gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, a pris des mesures exceptionnelles de riposte, notamment la mise en place de l’état d’urgence sanitaire et l’instauration d’un couvre-feu de 20 heures à 6 heures, circonscrit plus particulièrement dans le grand Lomé, mais pas de confinement.
Ainsi, au niveau des administrations et services publics, il est instauré une journée de travail continue de 09h à 16h, durant toute la période de l’état d’urgence et du couvre-feu. Ce qui n’empêche en rien la sollicitation des services de l’administration publique.
De plus, la digitalisation de l’économie, porteuse de valeurs, créatrice d’emplois et de richesse enclenchée par le gouvernement, vient à point nommé pour répondre aux mesures de distanciation sociale instaurées, en vue de lutter contre le covid-19.
Ainsi, dans le cadre des réformes économiques et structurelles, le segment « digitalisation des procédures administratives » est effectif au niveau de certaines structures clés en contact permanent avec les opérateurs économiques telles le Guichet Unique du commerce Extérieur (GUCE), le Centre de formalité des Entreprises (CFE), le tribunal de commerce, le Guichet Foncier Unique, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), la Compagnie d’Energie Electrique, l’administration fiscale (OTR), le port via le système douanier automatisé et la Société Togolaise des Eaux.
Ces administrations encouragent vivement les opérateurs économiques à privilégier ces canaux pour solliciter des services en limitant les déplacements.
Certes, la pandémie actuelle fait craindre un impact négatif sur le secteur, cependant le gouvernement travaille activement en vue de soutenir autant que peut se faire, le secteur pour une reprise rapide de l’activité économique.

▪️linterview.info: Que fait l’Etat dans ce secteur depuis l’Etat d’urgence pour soulager les différents acteurs ?

▪️Mme Sandra: Dans le cadre de la lutte contre cette pandémie de coronavirus, le gouvernement a pris des mesures sociales indispensables pour accompagner les dispositions sanitaires instaurées afin de renforcer la sécurité sociale des citoyens.
En effet, pour le secteur informel dont les revenus sont perturbés par les mesures prises en réponse au virus, il est initié un programme de transfert monétaire qui alloue mensuellement 12 500 FCFA aux femmes, et 10 500 FCFA aux hommes à raison de la moitié chaque quinzaine afin de subvenir aux besoins de base.
Ces mesures touchent également plusieurs secteurs vitaux dont celui de l’eau et de l’électricité.
Ainsi, en vue de favoriser l’accès à l’eau potable pour tous, indispensable à l’hygiène sanitaire, pour compter du 1er avril 2020 et, ce, pour une durée de trois mois, sur toute l’étendue du territoire national, la tranche sociale de la facturation d’eau de la Société Togolaise des Eaux (TdE), correspondant à une consommation d’eau comprise entre 0 – 10 m3, est rendue gratuite, la mise à disposition de la population de cinq mille (5000) branchements sociaux au coût réduit de 25 000 F CFA (contre 75 000 F CFA) et la gratuité de l’eau potable aux bornes fontaines sur toute l’étendue du territoire national.
Dans le secteur de l’électricité, la gratuité de la tranche sociale de la facturation d’électricité de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET) est effective depuis le 1er avril pour une durée de 03 mois.
La tranche sociale concernée est celle correspondant à une consommation de 0 à 40 KWh et dont l’usage est exclusivement domestique.
Par ailleurs, le Togo a pris une batterie de mesures fiscales et douanières pour accompagner les opérateurs économiques dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus.
Durement affectées, les activités d’hôtellerie et de restauration ne subiront qu’un taux d’imposition de 10%. La deuxième mesure suspend les contrôles fiscaux en cours en entreprises et les limite aux entreprises citoyennes.
L’allègement de la charge fiscale pour les entreprises passera également par la suspension des pénalités de retard pour les impôts qui arrivent à échéance au cours du deuxième trimestre et la revue des pénalités au profit des entreprises qui ont subi des contrôles fiscaux.
Un accompagnement sera proposé aux entreprises individuelles qui se trouveraient dans l’impossibilité de déposer leurs états financiers dans les délais prévus au 31 mars 2020 et aux entreprises sociétaires qui ne pourraient pas exécuter cette obligation fiscale au 30 avril prochain.
Le gouvernement, via l’Office Togolais des Recettes (OTR), procédera à un allègement des actions en recouvrement en général et en particulier, envers les PME/PMI.
Cet allègement fiscal va s’effectuer à travers l’octroi des plans de règlement échelonné à la demande et une flexibilité dans la gestion des restes à recouvrer auprès des contribuables en général et plus particulièrement ceux des PME/PMI.
A la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ces mesures vont de la suspension des calculs de majorations de retard aux remises exceptionnelles de majoration de retard sur les arriérés suivant des modalités.
La première mesure exceptionnelle suspend le calcul des majorations de retard sur le paiement des cotisations sociales des mois d’avril à juillet pour les employeurs.
La deuxième stipule que toutes les entreprises qui s’engageront à payer leur cotisation sociale jusqu’au 31 octobre 2020, bénéficieront de la réduction de la majoration de retard comme suit : 100% pour le secteur informel, 75% pour les PME/PMI et 50% pour les grandes entreprises, hormis hôtellerie, restaurants, débits de boissons établissement scolaire, établissements hospitaliers et pharmacies.

Lire aussi: TOGO/CORONAVIRUS : DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENT FISCALES POUR ACCOMPAGNER LES ENTREPRISES.

linterview.info: Comment appréhendez-vous le monde des affaires au Togo après la crise ?

Mme Sandra: Cette pandémie aura des conséquences à l’échelle mondiale qu’il est pour le moment impossible d’évaluer et par conséquent, un impact négatif sur l’économie locale. A cet effet, face à la conjoncture liée à cette pandémie du coronavirus, l’on assiste à une réduction du PIB de plus de 3 points pour une prévision de 5,3% de croissance en 2020.
Les PME/PMI ont été pour la plupart surprises par cette situation imprévisible qui a de facto, mis en mal toutes les prévisions de l’année 2020.
Néanmoins, pour relancer l’économie, les mesures concrètes prises par le gouvernement et d’autres en cours de finalisation pour soutenir le secteur privé, permettront non seulement d’amortir les chocs mais aussi d’anticiper sur les risques d’aggravation au cas où la pandémie va perdurer.
Le monde des affaires, pour sa part, risque de connaître une reprise timide si la crise perdure. Cependant, la sortie de la crise pourra également être profitable à certains secteurs si nous arrivons à transformer les difficultés présentes en opportunités… Certains secteurs en sortiront gagnant même si d’autres auront besoin d’un soutien substantiel des institutions financières….
Nous allons parallèlement à cela, accentuer les réformes économiques et sociales ainsi que l’écoute permanente vis à vis du secteur privé qui reste l’acteur clé et donc le moteur de la croissance…

linterview.info: Avez-vous un message à passer à tous les opérateurs économiques en cette période difficile ?

Mme Sandra: Notre pays, sous le leadership du Président de la République, a entrepris des réformes structurelles expliquant son environnement économique actuel …
Mieux, il a réitéré son ferme engagement à maintenir le cap des réformes surtout celles en faveur du secteur privé pour une mise en œuvre réussie de notre PND qui naturellement, doit connaître une actualisation au regard de l’impact qu’engendrera la crise sanitaire actuelle sur l’économie.
Cependant, des instructions fermes ont été données pour accompagner le secteur privé dans son ensemble en analysant les problèmes au cas par cas à la satisfaction de tous…. Notons que la crise n’est pas vécue de la même manière par les opérateurs économiques… Les opérateurs du secteur des transports comme ceux du tourisme par exemple seront les plus exposés et viendront ensuite les autres d’où l’approche pragmatique des plus hautes autorités.
Je voudrais pour finir, lancer un appel à tous les partenaires société civile, comme secteur privé à rester ferme pour que dans un élan de solidarité et avec l’accompagnement du gouvernement, nous puissions rapidement tourner cette page et relancer notre économie.

Source : linterview.info

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *