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Togo : pourquoi le président a choisi de prêter serment le 3 mai

Photo du Président Faure Gnassingbé pour illustrer le texte

Ce dimanche 3 mai, Faure Gnassingbé prêtera serment. Une cérémonie dont la date est imposée par la Cour constitutionnelle.

Le 24 février dernier, au surlendemain de l’élection présidentielle, la Commission électorale nationale indépendante togolaise (CENI) déclarait Faure Gnassingbé vainqueur. Une réélection entérinée dix jours plus tard par la Cour constitutionnelle. Depuis, le pays a dû faire face à la crise du nouveau coronavirus. Malgré tout, Faure Gnassingbé prêtera serment ce dimanche 3 mai. Une cérémonie qui devait, selon les textes, avoir lieu ces prochains jours. En effet, saisie sur le sujet, la Cour constitutionnelle a estimé que « le Président de la République sortant peut rester en fonction jusqu’au terme de son mandat qui est le 3 mai 2020 à minuit ». Malgré la crise sanitaire, la cérémonie doit donc avoir lieu. Pourquoi ce dimanche ? « D’un point de vue constitutionnel, il fallait tout simplement que le mandat en cours aille à son terme et la Cour constitutionnelle avait fixé cette date butoir », résume un expert politique togolais.

Une investiture en toute discrétion

Mais coronavirus oblige, la présidence serait en train de préparer une cérémonie tout en sobriété. Selon Jeune Afrique, « les services de la présidence togolaise sont (…) contraints de limiter le nombre de cartons d’invitation à l’investiture aux sept membres de la Cour constitutionnelle devant lesquels Faure Gnassingbé prononcera son serment, à une dizaine de collaborateurs issus du cabinet de ce dernier, aux onze membres du bureau de l’Assemblée nationale, et aux quatre présidents de groupes parlementaires ». Pas de cérémonie d’investiture en grandes pompes, donc, comme cela a pu être le cas dans le passé chez les voisins africains. Déjà discret lors de la célébration de la fête de l’Indépendance, Faure Gnassingbé sera intronisé président dans une relative discrétion.

Lire: TOGO/PRÉSIDENTIELLES 2020 : LE PRÉSIDENT FAURE GNASSINGBÉ PRÊTE SERMENT CE DIMANCHE 03 MAI.

Après une gestion maîtrisée de la pandémie de coronavirus — 65 guérisons pour 123 cas confirmés —, la présidence togolaise veut envoyer un message fort en imposant les gestes barrières à l’entrée de la salle des fêtes de Lomé II, où la petite centaine d’invités se verra contrôlée : les invités devront se présenter protégés par un masque, leur température sera relevée et une distanciation d’au moins un mètre sera imposée. Par ailleurs, aucune délégation étrangère n’a été conviée, malgré les félicitations post-élections venues de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest, de l’Union européenne et de nombreux chefs d’Etat parmi lesquels Mohammed VI, Alassane Ouattara, Emmanuel Macron ou Angela Merkel. Une cérémonie qui correspond finalement à la personnalité de Faure Gnassingbé. « C’est son style, il veut simplement rapidement passer au travail », affirme une source proche du gouvernement.

Insuffler une nouvelle dynamique au Togo

Si la sobriété sera donc de rigueur, ce dimanche, cette cérémonie sonne cependant le début d’une nouvelle ère. Quelques jours après l’investiture, le Premier ministre Komi Sélom Klassou devrait remettre la démission de son gouvernement. Faure Gnassingbé pourra alors lancer ses grands chantiers. Le candidat-président s’était engagé à « créer les fondements d’une économie togolaise forte, attractive et ouverte sur le monde » lors de la campagne. Fort de son bilan économique et social positif et salué par la communauté internationale — le Togo est le premier pays réformateur d’Afrique et s’est vu félicité par le FMI et la Banque mondiale pour ses réformes —, le président veut insuffler une nouvelle dynamique à son pays et prépare déjà l’après-coronavirus.

Dans un entretien avec le magazine fDi Intelligence, le président togolais, qui veut consolider ses réalisations, a affirmé que son but était de « rendre l’environnement des affaires plus attractif, mobiliser davantage d’investissements et réaliser une forte croissance économique à moyen terme ». Parmi les objectifs fixés par Faure Gnassingbé, celui d’« assurer la paix et la sécurité », celui de « mettre en place une structure de gouvernance plus ouverte et inclusive » ou encore celui de « maintenir la production de richesse en accélérant le développement des secteurs à fort potentiel ». Une fois la crise sanitaire terminée, la présidence devra faire un point sur les nouveaux objectifs économiques et sociaux du Togo. La tâche s’annonce ambitieuse, mais Faure Gnassingbé semble prêt à s’y atteler.

Source: Jeune Afrique

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