à cause d’un coq, cet homme a été condamné à 5 mois de prison

Fait divers : à cause d’un coq, cet homme a été condamné à 5 mois de prison

Dans un contexte de querelle de voisinage, un habitant d’un petit village d’Ardèche avait abattu le volatile d’un coup de fusil.

Un coq prénommé Marcel a été tué en mai 2020 par un voisin qui le trouvait trop bruyant. L’homme a été condamné à 5 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Privas ce lundi 7 décembre. Une querelle de voisinage qui avait posé la question d’un « patrimoine sensoriel des campagnes ».

C’est l’histoire d’un coq dans un jardin ardéchois. Entouré de cinq poules rousses, dans la paisible commune de Vinzieux, il chantait, comme le veut sa tradition, le matin, aux aurores. Mais un jour de printemps, il poussa le chant de trop, du moins, pour le voisin d’à côté. Excédé par les vocalises de l’animal, ce dernier l’a tué. Ainsi Marcel fut réduit au silence à coups de fusil et de barre de fer. Un acte très violent et d’une grande cruauté selon la famille qui l’accueillait. Sébastien Verney et ses proches ont donc décidé de ne pas en rester là. Marcel ne chantera plus mais pouvait devenir le chantre « d’un patrimoine sensoriel de nos campagnes ».

Justice pour Marcel

Ce lundi 7 décembre, l’auteur du coup de feu a été condamné à 5 mois de prison avec sursis, 300 euros d’amende et trois ans d’interdiction de port d’arme par le tribunal correctionnel de Privas.  » Je regrette ce que j’ai fait je n’aurai jamais dû prendre mon fusil » a-t-il déclaré à la barre. « Mais j’étais excédé, je n’en pouvais plus. » L’audience laisse clairement apparaître une querelle de voisinage de longue date avec des incidents à répétition qui ont abouti à ce geste violent.

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Les amis et la famille du coq avaient souhaité donner un large écho à cette affaire et lancé une pétition intitulée  » Justice pour le coq Marcel! », 86 000 signataires s’étaient alors manifestés pour défendre les bruits et les odeurs, tout ce qui fait l’identité d’une campagne « qui ne souhaite pas devenir un musée ». Ce retentissement s’explique notamment par la période des faits, pendant laquelle une vague de mutilation d’équidés secouait les milieux ruraux.

Un nouveau cadre législatif ?

La loi ne reconnaît pas encore cette spécificité des campagnes. L’association « Laissez-les chanter! » milite pour une reconnaissance législative du cadre de vie en milieu rural.

Une proposition de loi, en cours d’examen au parlement, introduit cette idée de « patrimoine sensoriel des campagnes » et prévoit « que les émissions sonores et olfactives des espaces et milieux naturels peuvent faire l’objet d’une inscription au titre du patrimoine sensoriel des campagnes et que les nuisances sonores et olfactives relevant des émissions sonores et olfactives inscrites ne peuvent être considérées comme des troubles anormaux de voisinage. »

Resterait alors à déterminer ce qui pourra faire l’objet d’une inscription au titre du patrimoine sensoriel. Pour cela, la proposition de loi suggère la création de commissions habilitées à statuer dans chaque région sur ce qui pourrait ou non entrer dans cette catégorie.

Le chant du coq, sans aucun doute, de Hanoï à Hambourg, en passant par Vinzieux en Ardèche, pourrait quant à lui, être inscrit à un patrimoine sensoriel mondial de la ruralité.